Qu’est-ce qu’1 bon coach ?

Qu’est-ce qu’1 bon coach ?

Le coach est là pour étudier l’intelligence des personnes en sublimant les bons côtés. « Quand on va étudier l’intelligence des autres, ce n’est pas seulement pour abandonner la sienne, mais la multiplier indéfiniment, fort de cet apport de l’autre. » Jean-Marie Adiaffi

Pourquoi suis-je devenue coach ?

Quand j’ai démarré mes premiers coachings, j’étais pleine d’attentes, d’envie de voir les personnes changer, comprendre, avancer. Je mettais un peu de moi et de mes envies dans le résultat de ces coachings.

Après tout, c’est humain et bien que la formation de l’Atelier des coachs, le livre de François Délivré « Le Métier de Coach », et d’autres ouvrages vous expliquent la juste posture, c’est plus facile à lire qu’à faire et qu’à vivre.

Mon passé de RH, ma première expérience du coaching

Je connaissais le coaching en tant que Rh en ayant « prescrit » des coachings à certains salariés, pour diverses raisons. Je voyais ce mode d’accompagnement comme une alternative à la formation, plus descendante, même si elle se veut participative et ludique.

Je pressentais pour ces salariés un moment privilégié, dédié, où ils  pouvaient venir déposer des choses, comme on se délesterait d’une carapace, de quelques cailloux alourdissant le sac à dos.

En prenant le temps d’enlever avec leur coach quelques cailloux des chaussures, ils repartaient plus légers, plus solides et mieux armés pour continuer le chemin.

C’est donc, convaincue de cette technique que je me suis naturellement dit « un jour je serai coach », je veux être un des éléments ressourçant du paysage sur le chemin de vie de quelqu’un.

coaching

De l’idée de Coaching au projet : naissance de mon entreprise de coaching

Ayant créé ma micro-entreprise de coaching et d’hypnose fin janvier 2020, je me suis naturellement abonnée à différentes pages Facebook, divers groupes de discussion autour des thérapies brèves et autres méthodes d’accompagnement.

Je prenais à cœur d’intervenir sur diverses discussions en donnant un avis, en ouvrant un débat, en questionnant, et de fil en aiguille des personnes se sont ouvertes à moi.

Je me suis longtemps demandée si j’allais réussir à accompagner tout le monde, étais-je légitime, à la hauteur, capable ? Et que faire avec ces personnes qui poussent la porte de votre cabinet, qui viennent si fort se frotter contre vos valeurs, ou viennent toucher votre zone d’ombre.

Certains accompagnements secouent, d’où l’importance d’avoir un filet de sécurité avec la supervision.

Je suis heureuse d’avoir cette diversité de coachés, souvent des femmes d’ailleurs. Ont-elles plus facilement accès à leurs émotions et acceptent-elles plus facilement de se faire accompagner ?

Les clés d’une posture de coaching saine : bien se connaître

Les outils pour mieux se connaître

J’ai travaillé mon profil de personnalité avec l’ennéagramme, les Drivers et la Process Com. Je suis une « fais plaisir », « une soit forte », mais également une « dépêche-toi ».

Je captais l’urgence d’aller vers ce qui allait me donner un second souffle tout en donnant à mon tour de l’air aux gens, en les faisant s’élever juste un peu pour envisager la situation de plus haut, ou sous un autre angle. J’aime ce côté gravitationnel, ce sentiment de se détacher juste pour mieux s’ancrer à nouveau, mais avec de nouvelles perceptions et compréhensions.

Mais je suis aussi une emphatique, « travaillomane », rêveuse et en pleine phase persévérante. J’ai travaillé avec une coach, Sabine qui m’a fait la gentillesse de partager une expérience de test de Process comm De Taibi Kahler et son analyse complète.

Ces différentes «  vies » sont à la fois un cadeau, et un effort quotidien pour ne pas tomber dans le côté désintégré de ces différents étages, et être dans l’optimisation des « bons côtés ».

Et pour finir sur le terrain des personnalités je suis enneatype 1 avec une aile en 2  très développée.

La connaissance de moi-même, à travers mes lectures, les expériences d’accompagnement que j’ai pu solliciter par différents types de thérapeutes, et par ma coach, me permet de balayer certains doutes, certaines interrogations et de conforter le sens que je veux donner à ce métier.

coach

L’utilité de mieux se connaître pour être un bon coach

Selon moi, accéder à une bonne connaissance de moi-même va me permettre de développer mes capacités, m’aider à  construire même avec des clients qui pensent différemment de moi. Elle va me permettre d’acquérir une méthode efficace pour développer mes relations aux autres, qui n’ont pas forcément mon système de valeurs, mes croyances.

Suite à mes différentes étapes dans la connaissance de moi, j’ai pris conscience de mes atouts (douceur, patience, réel sens de l’écoute, empathie naturelle et bienveillante, accepter la part de rêve, d’intériorité de chacun, mais aussi se mettre en action, rendre un bon travail, obtenir des résultats).

J’ai aussi relevé les pièges qui m’attendaient : attention à ne pas basculer de l’empathie à la compassion, ne pas vouloir aider «  à tout prix », ne pas être trop exigeante avec les gens, ne pas attendre de résultats, ou que les personnes soient comme moi. Ne pas tendre vers la « donneuse de leçon », celle qui montre comment faire (enneatype 1 désintégré).

Mon côté intuitif peut aussi se révéler être un piège et biaiser la relation, car je peux orienter mes questions si jamais je me laissais emporter par ce que je pense être vrai.

Cette connaissance de soi fait aussi que nous allons nous choisir des  buts qui nous parlent, qui sont en cohérence avec nos valeurs personnelles et professionnelles. Et ensuite, nous allons tout mettre en œuvre, pour identifier nos conditions de réussite, nos outils naturels, ceux à acquérir, à développer, et identifier les situations qui sont source de stress, d’interrogation, et découvrir comment les gérer au mieux.

J’ai décidé, une fois à l’aise avec ces qualités, ces points d’attention, mes valeurs et le sens que je veux donner à ma vie et à ce métier, que je pouvais me donner une autorisation.

Trouver ma façon de faire à moi, celle qui me correspond en me détachant des modèles pour dessiner le mien, et m’autoriser cela sans avoir peur d’être un imposteur.  Se connaître passe aussi par s’accepter, et accepter qui on est.

Se connaître pour repérer nos limites, nos pièges

Et en ce qui me concerne, j’ai repéré très vite qu’il y avait quelques écueils liés à ma personnalité et mes mécanismes de base dans lesquels je pouvais tomber si je ne prenais pas garde à ma posture.

coach cheval

Coacher en oubliant son mode de fonctionnement :

Prendre conscience que lors d’un accompagnement cela ne parle pas de nous, mais de l’autre, et que mon rôle n’était pas de le rendre comme moi.  Ne pas avoir d’attentes, faire à la place, comme nous on aimerait, ne pas travailler à la place du coaché.. Tout un apprentissage.

En tant que coach on apprend aussi que notre temps n’est pas celui des autres, et qu’il faut accepter les rythmes, différents, les allers-retours dans la motivation. Tout cela est un processus normal, et est aussi peut-être un mode de construction. Faire, défaire pour refaire, et tendre vers quelque chose de mieux, de plus aligné, de plus acceptable.

A ma question « comment allez-vous mettre en œuvre tel projet ? », «  quelle serait la priorité ? », les réponses sont parfois floues, évasives, aucune idée de coût, de planning pour organiser les choses ni même de comment s’y prendre… Et la solution est juste questionner, et ne pas juger.

Coacher en oubliant son histoire personnelle :

J’ai fait l’expérience, et continue à la faire dans un certain nombre de coachings et de séances d’hypnose, que j’attire des cas présentant de grandes similitudes avec ma vie. Et j’ai bien compris que ce n’était pas un hasard. Ce n’est pas mystique, il y a de la logique là-dessous : j’affiche sur mon site, ma carte de visite, etc. mes expériences de RH et ma sensibilité au burnout, les épreuves traversées qui m’ont permis de vivre la résilience et de mener à bien des projets de reconversion. Ce qui est plus étrange réside dans les choses  non dites, non affichées et qui viennent quand même s’inviter en coaching, comme les aversions personnelles pour tel type de personnalité qui se présente devant moi en coaching. Ou encore les personnes ayant perdu des enfants, ayant un potentiel HP, etc. : je ne mets pas en avant cela et pourtant ces cas se présentent très souvent. Il doit y avoir un peu de magie quand même derrière tout ça.

Le piège est que l’on pourrait entamer du coup la relation avec nos yeux, notre cœur, nos blessures, même soignées, et que l’on passe à côté de la problématique du coaché.

Nos croyances sont parfois solidement ancrées.

Alors il y a une astuce imparable : se retrancher derrière la posture de coach : poser la cadre, questionner, se décentrer, adopter un regard neutre, pour protéger sa cliente et se protéger, soi.

Cela demande d’aller puiser dans ses ressources, d’être en contrôle pour ne pas passer à côté du coaching.

Le questionnement est certes un outil pour faire avancer la réflexion, mais aussi je le vois comme une bouée à laquelle me raccrocher quand mes émotions, mes mots pourraient déborder.  C’est un garde-fou imparable. On rebondit, telle une balle et on ne prend pas le temps de juger, d’écouter sur quelle corde sensible cette balle est venue résonner et rebondir trop lourdement.

D’où l’intérêt d’avoir travaillé sur soi, ses blessures, et de verrouiller deux ou trois choses dans des boîtes bien hermétiques le temps de l’accompagnement.

Cela tient en fait a du professionnalisme et du respect : accueillir, sentir que cela vient résonner, et se décentrer complètement, pour être en harmonie, et du coup, voir avec les yeux, le cœur du coaché. Ainsi la comparaison, le jugement ne sont plus possibles. Puis au bon moment, quand c’est juste, quand il faut reprendre la posture d’éclaireur, de guide, se recentrer un peu, juste pour ne pas trop ressentir et se protéger également, quitte à confronter. Cet équilibre est le plus périlleux selon moi.

équilibre du coach

Se connaître pour identifier ses points forts

Alors oui, certains aspects de notre personnalité peuvent nous tendre des pièges, mais d’autres sont de vrais atouts. Mais en ce qui me concerne, j’ai décidé de miser sur mes qualités personnelles,  qui sont soulignées notamment lors des feed-back que je sollicite après chaque coaching, ou auprès de  mes amis, famille, etc.

Le Coach et l’écoute : questionnement sans jugement, bienveillance, posture basse, décentrée

Je suis naturellement curieuse des autres, et cette posture d’écouter, de me fondre dans les mots de l’autre est un atout.

J’ai collecté des feed-back, et ceux-ci ont mis en lumière cette capacité d’écoute active et bienveillante, et j’avoue avoir été touchée et mise en confiance par ces retours.

Le Coach et la sensibilité

Ma sensibilité et  ma douceur ont participé à établir une relation de confiance :   capter les silences, les non-dits, le non verbal, le poids des mots, le choix de certains mots et pas d’autres, les regards, le souffle. Je suis tellement «  avec «  que je ressens tout cela assez intensément. La synchronisation se fait naturellement.

Certains mots sont pour moi des éléments de coaching à côté desquels je ne peux pas me permettre de passer. Et ces mots-là, si on ne leur laisse pas la place, si la relation n’est pas établie, ils ne viennent pas, ou ils passent inaperçus si on ne tend pas l’oreille.

Une coachée qui livre qu’elle se sent « transparente », c’est qu’elle est en confiance, elle n’attend pas forcement de solution, juste une écoute, et à moi de montrer que j’ai entendu et aller creuser ce qui se cache derrière, être à la fois douce, mais aussi parfois confrontante. Puis déterminer comment alléger ce sentiment, aller chercher non pas des solutions (et me positionner en sauveur), mais des moments de vie, où la coachée a habité son corps, a été dans l’action et venir petit à petit défaire la croyance.

Le Coach et son histoire :

Mon vécu et mes expériences ont également façonné ma façon d’être et d’agir. Tout ce que j’ai traversé a forcément modelé et fait de moi la personne que je suis aujourd’hui avec une oreille plus attentive aux autres.

J’ai cité que ces évènements personnels pouvaient être de pièges, c’est certain, mais ils ont aussi ma force. Je connais ces blessures, même si chaque histoire est différente et je suis plus sensible dans le sens encore plus à l’écoute de ce genre de situation.  Je fais ce métier pour le sens qu’il m’apporte et le besoin d’utilité qu’il vient nourrir. J’ai trouvé ma place dans ces problématiques.

Et enfin mon parcours professionnel a également participé à faire de moi la praticienne que je suis : donner du sens professionnellement parlant, encadrer, faire un contrat, être éthiquement responsable et engagée avec mon code de déontologie, honorer chaque rendez-vous à l’heure, accompagner en étant vraiment là, en fermant la porte mentalement aux préoccupations, ne pas faire de promesse.

histoire coach

Le coach n’est pas un sauveur :

Et cela rejoint cet autre thème, autre danger qui guette le coach : avoir envie de sauver l’humanité. Je suis enneatype 1, mais avec une aile en 2 très développée et l’aide aux autres est un de mes moteurs. Mais il faut que je veille à ne pas me porter systématiquement en sauveur, alors que ce n’est pas mon rôle en tant que coach, ni thérapeute d’ailleurs.

Nous pourrions avoir envie de donner des conseils, de guider,  mais le coaching n’est pas ce mode d’accompagnement. Ou alors il faut le cadrer comme étant un moment à part dans le coaching, et que le client soit d’accord et prêt, en demande. Nous ne pouvons pas donner du courage, de l’estime de la détermination et faire à la place. Il faut que cela vienne du client sinon cela ne marche pas et ne répond pas à l’objectif de l’accompagnement qui est guidé vers … l’autonomie.

Cela peut être très frustrant, mais très apprenant sur nos limites.

Au final, être Coach c’est être soi, tout en étant en curiosité de l’autre, avec cette seule ambition de lui emboîter le pas vers sa solution, avec ses clés, son rythme. La meilleure récompense est cette prise d’autonomie, signal d’un coaching réussi.

Séverine COFFINOT

Coach en développement personnel et professionnel

Formatrice et praticienne en hypnose Ericksonienne.

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