Le pouvoir du neurofeedback sur certaines maladies

Le pouvoir du neurofeedback sur certaines maladies

Neuro, c’est tout ce qui touche au cerveau et feedback c’est retour. Vous connaissez les deux, donc le neurofeedback c’est le retour vers le patient de l’activité de son cerveau.

Il permet de contrôler n’importe quelle région cérébrale. Il permet de traiter des pathologies comme les douleurs chroniques, la dépression, la schizophrénie, l’anxiété, etc…

A ce jour seuls les effets sur les déficits de l’attention avec hyperactivité et l’épilepsie ont été démontrés. Mais des études sont en cours.

Qu’est-ce que le neurofeedback

Le neurofeedback permet de moduler l’activité cérébrale. Dans cette pratique le cortex préfrontal interagirait avec d’autres régions pour en moduler l’activité.

Ce contrôle nécessite la participation du striatum, une structure profonde impliquée dans l’apprentissage des habilités motrices. Après quelques dizaines d’heures d’entrainement des changements morphologiques apparaissent, le volume de la matière blanche augmente, l’activité neuronale se modifie durablement ainsi que la fréquence des ondes cérébrales.

Des preuves irréfutables de son efficacité

Comme la méditation dont je vous ai parlé la semaine dernière, cette nouvelle pratique a, elle aussi, fait ses preuves. Voici 5 exemples de recherches faites dans différents domaines où le neurofeedback peut donner des résultats encourageants.

Le neurofeedback et l’épilepsie

Il n’existe pas une seule épilepsie, mais de nombreuses formes différentes, à l’origine de crises épileptiques, elles-mêmes très variées.

Chez les personnes souffrant d’épilepsie, la crise survient souvent suite à un état de fatigue inhabituel, à un manque de sommeil ou un état anxieux.

C’est en Allemagne, en 1999 que 27 patients atteints d’une épilepsie résistant aux médicaments, ont été suivis par la pratique de l’excitabilité des neurones par électroencéphalographie.

Durant 35 séances de 30 minutes, les patients ont visualisé cette activité électrique directement sur un écran. Ils ont appris par leur seule volonté, à l’augmenter ou la diminuer.

2/3 d’entre eux, soit 16, sont parvenus à contrôler leur activité cérébrale. Ainsi, ils ont réussi à faire diminuer le nombre de crises de 25%, en moyenne. Pour 8 d’entre eux, l’amélioration a été de 60%.

Le neurofeedback  montre la puissance de notre cerveau, puissance que nous négligeons souvent.

Contrôler la douleur avec le neurofeedback

A l’université de Stanford, en 2005, 16 volontaires ont été soumis à des stimulations thermiques douloureuses. Accompagnés de 12 patients atteints de douleurs chroniques, ils ont tous été entrainés à contrôler l’activité d’une petite région, en profondeur du cerveau, impliquée dans la douleur.

Après plusieurs essais menés grâce à une IRM fonctionnelle en temps réel, tous les sujets ont été capables de contrôler l’activité de cette région cérébrale entrainant une diminution de la douleur.

Doper la motricité des parkinsoniens

neurofeedback

Avec le neurofeedback on agit sur des parties profondes de notre cerveau

La maladie de Parkinson est une maladie neurologique chronique dégénérative affectant le système nerveux central responsable de troubles essentiellement moteurs.

L’évolution de la maladie accentue les troubles au fil du temps. Cette maladie n’entraine pas que des tremblements mais aussi des troubles de la motricité.

Le neurofeedback peut améliorer cette motricité.

Au Pays de Galles, à l’université de Bangor, en 2011, 2 scientifiques ont entrainé 5 patients atteints de la maladie de parkinson a renforcer l’activité d’une région cérébrale, en sous-activité de par la maladie.

Les malades étaient allongés, dans un scanner à IRM et les patients pouvaient voir sur un écran l’activité de cette zone sous forme de thermomètre. Cette zone est liée à la planification et l’exécution des mouvements.

Après seulement 2 sessions d’entrainement, les patients sont parvenus à contrôler leur activité cérébrale améliorant ainsi leur motricité.

La même procédure a été suivie avec 5 autres patients mais sans feedback et aucune amélioration n’a été constatée.

Votre attention, s’il vous plait !

C’est aux Pays-Bas, à l’université de Nijmegen, une équipe a réalisé une méta-analyse de la littérature scientifique sur l’efficacité du neurofeedback dans les traitements du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité.

Plus de 200 études ont été publiées en 10 ans mais 15 seulement ont retenues leur attention, étant scientifiquement plus rigoureuses.

Lors de cette analyse, il a été démontré que le neurofeedback réduit efficacement l’impulsivité et l’inattention et moyennement l’hyperactivité.

Une solution pour la dépression

En 2012, un neuroscientifique et un psychiatre ont entrainé 8 patients dépressifs à contrôler l’activité d’une région cérébrale impliquée dans la genèse des émotions positives, le cortex préfrontal.

Grâce à l’IRM en temps réel, après 4 séances d’une heure, les patients ont appris à augmenter volontairement l’activité de cette région. Il a été constaté une diminution de leurs symptômes dépressifs. Ces résultats positifs devront être confirmés sur un plus grand nombre de patients et comparés aux effets des antidépresseurs.

Personnellement, je pense que le neurofeedback a de l’avenir, car, comparée aux médicaments antidépresseurs, les effets secondaires semblent insignifiants et il n’y a pas d’addiction.

Les effets néfastes du neurofeedback

Le neurofeedback peut entrainer des effets néfastes si la région du cerveau dont on souhaite modifier l’activité n’est pas bien ciblée ou mal stimulée.

Aux Etats-Unis, ce procédé est très réglementé et des analyses précèdent chaque séance pour diminuer ce risque.

Chez les enfants atteints de troubles du déficit de l’attention avec hyperactivité, on compare l’activité de leur cerveau avec les enregistrements de l’activité du cerveau d’enfants « normaux » pour déceler des anomalies.

Toutefois cette méthode n’est pas simple à mettre en place sans risque.

Les prochaines années verront certainement des progrès qui diminueront les risques encourus.

Dans mon prochain article je vous parlerai encore de notre cerveau. Le cerveau me fascine.

Répondez à cette question ou posez la vôtre, dans les commentaires :

Connaissiez-vous cette méthode du neurofeedback ? Qu’en pensez-vous ?

6 commentaires
  1. Bonjour Danièle,
    J’ai appris beaucoup en lisant ton article sur « Le pouvoir du neuro-feedback ».
    Voilà une nouvelle méthode qui me semble intéressante d’approfondir. Je vais faire suivre ton article à des personnes qui trouveront peut-être une aide à leur questionnement surtout sur les enfants atteints de troubles du déficit de l’attention avec hyperactivité.
    Merci pour cet article. ici aussi il fait froid mais avec un beau soleil depuis deux jours.
    amitiés
    Martin

    • Bonjour Martin,
      Je suis passionnée par toutes les recherches qui sont faites sur les possibilités de notre cerveau.
      C’est tout à fait incroyable.
      On parle très souvent de la loi d’attraction mais elle ne peut se produire que si notre cerveau le veut bien.
      Maintenant on sais que l’auto-programmation de notre cerveau est possible ce qui nous ouvre des champs d’actions incroyables.
      La programation mentale sur des humains existe depuis longtemps. Certaines personnes se servent de cette possibilité pour attirer les gens dans les sectes ou pour d’autres raisons détestables.
      Il y a toujours la possibilité de détourner les avancées faites par la science à des fins peu glorieuses. Espérons que ça ne se fera pas…
      Dans mon prochain article, pour rester sur le cerveau je parlerai des placébos. Presque aussi puissants.
      Belle et douce journée.
      Katibel

      • J’ai eu des problèmes de mémoires. Peut on retrouver totalement sa mémoire? Quelle est la meilleure méthode?

        Merci de m’informer.

        Bien Cordialement

        C.Z

        • Bonjour Charlotte,
          Je suis ravie de voir que tu es à nouveau présente.
          Pour retrouver la mémoire perdue je ne sais pas si le neurofeedback est un bon moyen.
          Tu devrais faire des exercices quotidiens de mémorisation pour entrainer ton cerveau.
          Je t’appelle.
          Belle et douce journée.
          Katibel

  2. Bonjour Danièle,

    BRAVO pour cet article sur le neurofeedback.
    Très proche de la réalité, je confirme.
    Je suis praticienne Neurofeedback depuis 2011 sur la région Bordelaise.
    C’est vrai qu’il y a des méthodes autre que les traitements médicamenteux, lourds de conséquences parfois, pour certaines pathologies.
    Merci de mettre en avant ce genre de médecines douces.
    Cordialement,
    Sophie BOULANGER
    http://www.neurodetente.fr

    • Bonjour Sophie,

      Je ne suis pas médecin mais je suis une adepte des médecines douces et je suis à l’affut de tout ce qui peut améliorer notre bien-être sans détruire une autre partie de notre corps.
      Depuis plus de 30 ans je pratique le yoga et s’il est tellement efficace pour rester en forme et en bonne santé c’est qu’il agit en même temps sur le corps et le mental mais tout en douceur.
      Mon grand fils demeure à proximité de Bordeaux et j’envisage d’aller y vivre. C’est une belle région.
      Belle et douce journée.
      Katibel

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