Bien-être et activité physique… Que dit la science?

Bien-être et activité physique... Que dit la science?

Il est maintenant connu que le sport (ou l’activité physique) est un des facteurs améliorant le bien-être de manière générale. Que ce soit directement ou indirectement d’ailleurs.

Mais par quels mécanismes cela se produit-il? Quel type d’activité physique est le meilleur générateur de bien-être? La science a-t-elle confirmé cela?

Pour répondre à tout cela, nous allons faire un petit résumé des dernières recherches portant sur ce sujet.

Cet article a été rédigé par Simon du blog Renforcer son Corps 

Activité physique d’accord, mais quelle intensité?

On aborde d’emblée la question qui fâche… Faut-il pratiquer une activité physique intense pour générer du bien-être ou le petit quart d’heure d’aérobic le dimanche matin suffit?

activité physique pour le bien-êtreUn peu, beaucoup, passionnément…

En 2019, des chercheurs australiens ont tenté de répondre à cette question via une étude. En dotant des adolescents de petits capteurs d’activité (accéléromètres), ils ont pu mesurer l’intensité de leur activité physique quotidienne. Ils ont ainsi distingué 3 groupes d’essais, le premier groupe ayant une activité physique faible, le deuxième une activité modérée et le troisième une forte activité physique hebdomadaire.

Il ressort de cette étude qu’aucune association entre une activité physique faible ou modérée et l’évolution du bien-être ne peut être confirmée.

En revanche, il existe une augmentation significative du bien-être lors de la pratique quotidienne d’une activité physique vigoureuse. À condition qu’elle soit en dessous de 36min/jour. L’activité physique vigoureuse décrite dans cette étude s’apparente au HIIT (high intensity interval training) ou « fractionné » en français.

Au-delà de 36min/jour, il semblerait que cela produise un effet néfaste sur le bien-être. Intéressant non? Plusieurs hypothèses pourraient expliquer ces résultats comme la fatigabilité de l’organisme, les blessures, le stress (hyperentrainement souvent associé à la compétition) etc..

Enfin une dernière étude met également en avant une diminution des tentatives et risques de suicide chez les adolescents pratiquant une activité physique régulière.

Changement de rythme, attention!

Une autre étude de 2019 venant de Pologne cette fois nous apprend également quelque chose d’intéressant sur le changement d’intensité d’activité physique.

En effet, il semblerait que si une personne passe brutalement d’une activité physique modérée à une activité physique intense, cela soit significatif d’une modification récente de l’état de bien-être. Et ce, dans les deux sens. Ce passage d’intensité modérée à vigoureuse, dans l’exercice physique pourrait venir :

  • Soit d’un passage récent d’un état « dépressif » à un état de bien-être
  • Soit d’un passage récent d’un état de bien-être à un état « dépressif »

Surveillez donc ce changement soudain de rythme d’activité physique et interrogez-vous sur le pourquoi. Que vous observiez ce changement brutal chez vous ou sur un proche, cela peut vouloir dire quelque chose.

Activité physique et sérotonine

Très bien. Donc jusque-là nous pourrions avoir un lien de causalité entre du sport à haute intensité et un état de bien-être amélioré.

Cependant, nous ignorons encore les mécanismes physiologiques liant l’activité physique et le bien-être. Est-ce hormonal? Il y a la piste d’une réflexion dans l’étude que je présente ci-après puisqu’elle fait intervenir la sérotonine.

sérotonine apporte du bien-êtreSouvent appelée « hormone du bonheur », j’aurais plus envie d’appeler la sérotonine « neurotransmetteur de la sérénité ». Et je pense qu’on peut faire une analogie pas trop hasardeuse entre un état de bien-être et un état de sérénité.

Cette étude vise à mesurer la sécrétion pulsatile de sérotonine chez les rats. Deux groupes : ceux pratiquant volontairement de l’activité physique (7km/jour de course sur la fameuse « roue ») et ceux n’en pratiquant pas.

Il se trouve que les neurones 5-HT (produisant la sérotonine) des rats « sportifs » ont une activité significativement plus haute que celle du groupe témoin. Les décharges pulsatiles de sérotonine seraient plus importantes chez les rats pratiquant une activité physique quotidienne. On observe également une corrélation linéaire entre le taux de sécrétion de sérotonine et la distance de course parcourue quotidiennement.

Il faut savoir que notre physiologie est très proche de celle du rat. Cette étude pourrait permettre de comprendre une des actions physiologiques concrètes de l’activité physique vigoureuse sur le bien-être.

Mêmes effets de l’activité physique sur tout le monde?

Analyser la réponse individuelle face à l’activité physique en fonction de son sexe, son âge, son environnement psychosocial semble indispensable dans cette quête du bien-être. C’est ce qu’a essayé de mettre en évidence une étude de 2020.

boxe et bien-êtreMotivation et environnement social

Effectivement, la motivation et la volonté d’être physiquement actif varient selon chacun. Que ce soit de par notre éducation, de l’environnement social dans lequel on évolue ou encore de ses propres choix de vie. Des études ont montré que les gens imitent les régimes alimentaires et le rythme d’activité physique de leurs connaissances, les moins en forme. Ils utilisent également la forme physique de ces mêmes connaissances comme référence pour la leur.

Réponse individuelle à l’activité physique

Nous sommes tous différents. Même face à un même effort physique, notre corps va répondre différemment au stress, à la douleur liée à l’effort ou encore aux contraintes physiques que celui-ci va entraîner. De même, les personnalités qui ont des maladies ou qui ont subi des interventions chirurgicales antérieures peuvent appréhender l’activité physique différemment.

Aussi, le muscle est variable d’un individu à l’autre puisqu’il peut répondre à l’activité physique de différentes manières. La réponse transcriptionnelle (expression génique) de la fibre musculaire induit une réponse physiologique. Et on sait que ces réponses transcriptionnelles sont contrôlées par des mécanismes épigénétiques, propres à chaque individu.

Mêmes effets selon le sexe?

Il semblerait également qu’une activité physique intense ait un impact sur l’anxiété et la dépression, mais de manière différente que l’on soit un homme ou une femme.

Cette étude porte sur une population d’adolescents de 12 à 18 ans. Elle révèle que l’activité physique vigoureuse journalière (>15 min) entrainerait une diminution de la dépression, mais pas de l’anxiété chez les garçons. En revanche, l’activité physique vigoureuse entrainerait une diminution de l’anxiété, mais pas de la dépression chez les filles.

Autres disciplines impactant le bien-être

L’activité physique jouerait donc un rôle réel et complexe sur l’augmentation du bien-être via différents mécanismes dont peut être une production accrue de sérotonine. Qu’en est-il des autres disciplines?

discipline pour le bien-êtreL’importance du lien avec la nature

Un récent travail de 2019 portant sur 42 articles scientifiques rapporte de nombreux exemples du pouvoir de guérison pour la santé et le bien-être des personnes âgées.

Les résultats ont mis en évidence l’effet positif d’activités extérieures comme la thérapie horticole, le jardinage ou encore des visites de parcs sur la santé et le bien-être.

Et la religion ?

Un récent papier témoigne d’une étude essayant d’établir un lien entre croyance et bien-être sur une population d’adultes de plus de 50 ans au Japon.

Un lien significatif entre croyance et bien-être a pu être décelé. Ceci dit, l’étude poursuit en disant qu’aucune causalité entre religion et bien-être n’a pu être mise en évidence. Les effets de l’amabilité et de l’éducation des sujets joueraient un rôle bien plus important que la religion toujours selon cette étude.

Il semblerait donc qu’il existe un lien significatif entre une activité physique courte, à forte intensité et un bien-être accru de manière directe. Une augmentation de l’intensité des « décharges » de sérotonine pourrait être une des raisons physiologiques liant l’activité physique et le bien-être.

Ceci ne doit pas vous décourager à commencer ou continuer une activité physique faible ou modérée. Le plus important est de trouver un équilibre qui vous est propre, car nous sommes tous différents.

L’activité physique joue également des rôles indirects dans le bien-être puisqu’elle va contribuer à faire diminuer le risque de mortalité et de maladies (comme les maladies cardiovasculaires ou encore le diabète), à modifier votre silhouette ou encore à améliorer la qualité de votre peau.

L’activité physique de manière générale est bonne pour la santé et pratiquée à haute intensité, elle pourrait même s’avérer inadaptée et contre-productive pour une certaine population.

Simon du blog Renforcer son Corps

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