S'inscrire
Skype : gazou1551

Le mimétisme pour apprendre à grandir

Mimetisme

Le mimétisme pour apprendre à grandir : avez-vous remarqué ? L’enfant reproduit vos façons de vous comporter, de parler… Est-ce normal ? Oui, et heureusement. Le tout petit n’a pas d’autre modèle pour apprendre à grandir, que l’adulte en face de lui. Tout confiant, le tout petit va reproduire ce qu’il a vu, perçu et entendu. Et ça commence dès la naissance. Merveilleux…

Cet article est écrit par Hélène du blog « Galaxie des Enfants« .  Pourquoi un blog sur les contes ? Gamine, j’adorais lire des contes, voyageant ainsi dans des contrées inaccessibles dans le réel. Cette activité a nourri mon imaginaire, me permettant de garder l’espoir d’une vie meilleure durant mon enfance quelque peu difficile… Pensez à donner une note à la fin de l’article

Oui, mais attention : vos attitudes, langage ou vos façons d’être en pensées peut avoir un impact sérieux sur le devenir du tout petit. Le tout petit va emmagasiner tous les sons, les images, les sensations…les émotions dans son cerveau, bien rangé dans ses compartiments. Puis, le jour venu, le tout petit devenu un peu plus grand vous sortira le gros mot (par exemple) que vous avez un jour lâché à votre insu. Pas de panique, tout se rattrape. D’ailleurs, à votre réaction et explication, il comprendra vite que ce gros mot n’est pas à répéter. Voici donc une leçon de vie intégrée ! Enfin, espérons, car rien n’est jamais gagné.

Un petit conte pour illustrer ce qu’est le mimétisme tout en s’amusant.

Le conte des casquamèches

Conte tiré de l’ouvrage de Henri Pourrat, « Le trésor des contes », Livres VII à XIII.

Il était une fois un colporteur, au temps où les bonnets de coton vinrent à la mode – aussi les blouses de coton, les parapluies de coton. Au vrai vieux temps, on ne connaissait que la laine, chacun tirant la sienne des moutons qu’il avait.

Le colporteur, donc, comme d’autres font dans le Cantal, part pour l’Espagne. Et il emportait dans sa balle tout un chargement de casquamèches.  Mais là-bas, la mode de Paris n’était pas encore arrivée sur ses pieds légers : les bonnets de coton ne se vendaient pas du tout.

Il poussait plus avant, toujours plus avant – et sa balle ne s’allégeait guère -, jusqu’au jour où il arrive tout au bout de l’Espagne, en face de l’Afrique. Il y a là un roc où les Anglais se sont accrochés. Seulement, les Anglais ne sont pas tous seuls sur ce roc. Le colporteur eut à s’en aviser avant qu’il fut longtemps.

Il arrive donc dans ses parages. La nuit venait, sous la lune – les nuits sont claires en ce pays là -, et il avait marché, marché. Il n’en pouvait même plus. Il fallait faire la coucher. Mais lui, il n’allait pas porter son pauvre petit argent à un gros aubergiste. Il s’installe sous quelques grands arbres, avec sa balle, en tire un casquamèche, s’en coiffe jusqu’aux oreilles, et s’allonge, et s’endort.

Au matin, il s’éveille, sous un rai de soleil.

Et la première chose qu’il voit, c’est sa balle, toute dégonflée. Il l’ouvre : plus un casquamèche…

« Les larrons sont venus. Ils ont profité de la lune, mais faut-il qu’ils aient fait doucement ! Et qu’ils aient la main souple… Moi qui ne dors jamais qu’une d’une oreille. Ha, chiens de larrons ! Chien de pays ! Chienne de lune ! »

De dépit, il arrache son bonnet, le flanque à terre.

Et dans l’instant, autour de lui, mais en averse, en giboulée, pleuvent des bonnets de coton.

Lui lève en l’air les yeux – des yeux plus ronds que des soucoupes – et au-dessus de lui que voit-il dans les branches ? Un peuple de babouins.

Ces singes l’avaient imité  en tout son geste. À cette minute, comme lui, ils jetaient à terre les bonnets, alors que dans la nuit, comme lui aussi, ils s’en étaient couvert le chef.

Il n’eut plus, lui, qu’à ramasser et à serrer les casquamèches. Et à former le vœu qu’à l’instar de leurs singes les gens de l’endroit veuillent bien se mettre tout de suite à la mode de Paris.

Eh oui, le mimétisme, ça peut donner des idées

C’est peut-être par mimétisme que les modes changent, allez savoir…Les adultes ne seraient donc pas si différents des enfants ? Ceci n’est qu’un conte… Pour approfondir la question, Pierre-Marie Baudonnière, directeur de recherche au CNRS, développe une thèse sur le mimétisme comportemental présent chez les animaux et l’humain. Lisez  ici si vous êtes curieux. Mais pour l’instant, revenons donc à nos chers petits.

Apprendre à grandir et tisser des liens par le mimétisme

Mon expérience de grand-mère :

Exemple 1

La plus jeune de mes petites filles est née avec le sourire aux lèvres, ce sourire ne la quitte pas, enfin du moins quand tout roule parfaitement pour elle. Lors d’une première fois où j’ai eu le privilège de la garder (elle avait tout juste un an), nous avions dû faire plus ample connaissance. Eh oui, voir sa mamie en présence de ses parents est une chose, voir sa mamie sans les parents en est une autre, surtout la première fois. Je me suis donc parée de ma plus belle bille de clown en gonflant mes joues pour les faire pétarader en enfonçant les index sur les joues. Au bout de quelques essais, la voilà qui se met à sourire et en redemande. Puis, elle gonfla à son tour ses joues… C’était gagné pour toutes les deux : instant de complicité instantané grâce au mimétisme.

Exemple 2 :

La plus grande de mes petites filles (5 ans déjà) a passé quelques jours de vacances à mes côtés. Je l’entends discuter toute seule avec ses ours. Le ton était tellement assuré et les phrases utilisées tellement sérieuses, que mon attention a été éveillée, croyant qu’elle s’adressait à moi. Je réponds donc à une de ses questions posées en l’instant. Tout bonnement, je me suis fait remettre à ma place. Je n’avais pas compris qu’elle parlait à ses élèves et qu’elle était la maîtresse. Les grandes personnes sont parfois bêtes, vous ne trouvez pas ? Elle reproduisait tout simplement des dialogues entendus et vécus dans sa classe. Bel exemple de mimétisme.

Dans nos discussions, j’ai même été reprise sur certains mots employés, pas sur des gros mots, non, je n’en dis pas. Mais sur des mots sans doute limite pour elle, car elle m’avertit que non, ça ne se disait pas. Bien sûr, je lui ai donné raison. Excellent apprentissage que reçoit cette petite de la part des adultes et moi une sacrée leçon de vie !

Mimétisme, attitude à doubles facettes pour petits et grands

À doubles facettes ? Eh oui ! Je suis en plein mimétisme ! Ce sont mes petites filles qui m’apprennent et m’aident à continuer de grandir, tout simplement. Un rappel salutaire. Nos comportements et dialogues d’adulte ont une grande influence sur les plus jeunes. Parfois, nous l’oublions un peu trop.

Le mimétisme pour apprendre à grandir pour les petits et le mimétisme pour continuer de grandir pour les adultes. Ce mimétisme à double facette est vraiment merveilleux : les petits reproduisent ce que les grands veulent bien leur apprendre. Les grands continuent quant à eux de grandir, grâce aux petits, qui sont là pour veiller au grain, mine de rien. Nous avons vraiment besoin des uns des autres pour un tout harmonieux. La vie est ainsi faite pour le bien de tous. Êtes-vous d’accord sur ce principe ?

Rien n’est si contagieux que l’exemple. François de La Rochefoucauld.

Si un prince ne pense qu’à amasser des richesses, alors le peuple, par mimétisme, s’abandonnera aussi aux passions les moins avouables. Sagesses de Confucius.

A demain !

2 commentaires
  1. Bonjour,

    Le mimétisme n’est pas que pour les enfants. Il aide à créer un lien entre deux adultes aussi. En adoptant la même position que votre interlocuteur, vous aidez celui-ci à vous trouver plus sympathique. Tout cela est subtil évidemment et doit se faire de façon naturelle pour que l’autre n’ait pas l’impression que vous êtes en train de l’imiter.

    Hugs and kisses à Hélène, 😉

    Cordialement,

  2. Merci Sco 🙂

    Entièrement d’accord pour dire que le mimétisme est aussi pour les très grands enfants. D’ailleurs nous avons tous des mentors où nous « copions » ce qui nous plait le plus en eux.

    Bonnes fêtes de Noël chère Sco 🙂

Laisser un commentaire

CommentLuv badge

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Services sur mesure

Auteure et éditrice

Danièle Galicia Danièle Galicia (nom de plume Katibel)
%d blogueurs aiment cette page :